Le Higonokami est un couteau pliant de poche japonais, né à Miki, dans la préfecture de Hyōgo, en 1896. Il n'a aucun système de blocage : sa lame reste ouverte par la friction de l'axe ou par la pression du pouce sur un levier, le chikiri, et son manche est une tôle de métal repliée.
À Thiers, un modèle de l'atelier du Résiliant, Le Shotokan, s'en réclame : il revendique l'inspiration du Higonokami, dont il reprend la ligne tendue et la sobriété. Son gabarit a été découpé d'après les contours d'un Douk-Douk, couteau pliant produit à Thiers, que le coutelier a relevés.
Cet article décrit le Higonokami tel que les sources le documentent, son origine, son mécanisme, son ancien usage, puis ce que Le Shotokan doit à chacun de ces deux couteaux, ce que l'ouverture inversée change au geste, les trois aciers du modèle et la façon dont il est monté à Thiers.
Le Higonokami, un couteau pliant né à Miki en 1896
Le Higonokami est un couteau pliant de poche japonais, apparu en 1896 à Miki, dans la préfecture de Hyōgo. Sa lame pivote dans un manche fait d'une tôle de métal repliée, sans ressort ni verrou. Comme le kiridashi, il servait à tailler les crayons, avant que les taille-crayons ne se répandent.
Le Higonokami tient en peu d'éléments : une lame, un axe, un levier appelé chikiri et un manche fait d'une tôle de métal repliée. Il est né à Miki, dans la préfecture de Hyōgo, à la fin du XIXe siècle : 1896 est l'année donnée par sa notice dans Wikipédia en anglais, citée en source.
Ce manche en tôle repliée le distingue au premier regard des pliants à côtes rapportées, comme ceux de l'atelier du Résiliant, où les côtes sont vissées sur des platines inox, jamais collées. Le Higonokami tient sa sobriété de cette construction en peu de pièces.
Son usage le rapproche du kiridashi, un autre couteau japonais : selon Wikipédia en français, le Higonokami servait comme lui à tailler les crayons, avant que les taille-crayons ne se répandent. Beaucoup de récits circulent sur ce couteau ; cet article ne retient que ce que documentent les encyclopédies citées en source.
Une lame sans blocage, tenue par le pouce sur le chikiri
Le Higonokami n'a aucun système de blocage. C'est un couteau à friction, que l'anglais appelle friction folder : la friction de l'axe, ou la pression du pouce sur son levier, le chikiri, empêche la lame de se refermer pendant l'usage. Ni ressort ni verrou : la tenue de la lame dépend de la main qui le serre.
Rien, dans cette construction, ne verrouille la lame. Ce qui la retient, selon la source, c'est la friction de l'axe, ou la pression que le pouce exerce sur le chikiri pendant l'usage. Le maintien passe donc par la main et par l'ajustement de l'axe, et non par une pièce de blocage.
Ce n'est ni un défaut ni une qualité en soi : c'est un choix de construction, celui d'un couteau fait de peu de pièces. C'est sur ce levier, le chikiri, que la main agit pour retenir la lame.
D'autres couteaux pliants ont répondu autrement à la même question, rester ouvert le temps de couper : cran forcé, cran d'arrêt, liner lock, virole tournante. Ces systèmes sont présentés dans le guide des couteaux de poche français ; ils ne sont pas redétaillés ici.
Ce que Le Shotokan doit au Higonokami
Le Shotokan, modèle de l'atelier du Résiliant à Thiers, revendique l'inspiration du Higonokami. Il en reprend l'esprit, la ligne tendue et la sobriété, la silhouette épurée du couteau japonais. Il y greffe la signature de l'atelier : l'ouverture inversée, réglée à la main à Thiers.
Le mot inspiration est celui de l'atelier lui-même. La fiche du Shotokan porte la mention « Inspiration Higonokami. Élégant et racé. » et précise que le modèle reprend du couteau japonais l'esprit, la ligne tendue et la sobriété. Ce qui passe de l'un à l'autre est une ligne, pas une construction.
Le Shotokan ne reprend ni le manche en tôle repliée ni le chikiri. Sa lame est entraînée par un anneau et se verrouille en position ouverte ; ses côtes sont vissées sur des platines inox, comme sur chaque Résiliant. L'hommage porte sur la silhouette, la mécanique est celle de l'atelier.
Ce n'est pas le seul emprunt japonais de la collection : Le Résiliant Tanto, premier modèle de l'atelier, porte une pointe dont l'origine est japonaise, sujet de l'article consacré au couteau tanto. Dans les deux cas, l'emprunt porte sur une forme.

Ce que Le Shotokan doit à un Douk-Douk
Le gabarit du Shotokan a été découpé d'après les contours d'un Douk-Douk, que le coutelier a relevés. Le Douk-Douk est un couteau pliant de poche produit à Thiers par la coutellerie Cognet depuis 1929. Le Shotokan doit ainsi une part de sa forme à un couteau thiernois, né dans la même ville que lui.
Un gabarit est la forme de référence d'un modèle. À l'atelier du Résiliant, il passe du dessin au carton, puis au plastique, puis au métal. Pour celui du Shotokan, le coutelier a relevé les contours d'un Douk-Douk. Le fait est rapporté ici tel que l'atelier l'a donné, sans date ni modèle précis.
Le Douk-Douk n'a pas à être présenté de nouveau : il est l'une des cinq familles décrites dans le guide des couteaux de poche français, qui rappelle sa production à Thiers par la coutellerie Cognet depuis 1929. Pour Le Shotokan, il a servi de forme : ce sont ses contours qui ont été relevés.
Une fois arrêté, le gabarit d'un Résiliant ne se négocie plus. Chaque modèle représente des semaines et des mois de mise au point : proportions ouvert et fermé, épaisseur des platines et de la lame. Le client choisit parmi huit modèles prédéfinis, puis l'acier et le manche ; la forme, elle, reste celle du gabarit.
Les deux affirmations se lisent séparément : Le Shotokan revendique l'inspiration du Higonokami, et son gabarit a été découpé d'après les contours d'un Douk-Douk. L'atelier n'en dit pas davantage, et cet article non plus.
Du chikiri à l'anneau : ce que change l'ouverture inversée
Le Higonokami n'a pas de blocage : sa lame se tient ouverte par la friction de l'axe ou par la pression du pouce sur le chikiri. Le Shotokan s'ouvre par un anneau où se glisse l'index : la lame sort par le haut du manche, tranchant en premier, et se verrouille par un liner lock retourné.
Sur un Résiliant, l'anneau est solidaire du talon de la lame. L'index s'y glisse et entraîne la lame, qui sort par le haut du manche, tranchant en premier. L'ouverture est entièrement manuelle, sans aucun ressort, et chaque mécanisme est réglé à l'étau, pièce par pièce. Le principe est commun aux huit modèles de la collection.
Le verrouillage est un liner lock, retourné comme l'ouverture : la platine travaille en haut du manche. Ce système a été porté à sa forme moderne par l'Américain Michael Walker dans les années 1980. Le détail du geste est expliqué dans l'article sur le couteau à ouverture inversée.
Entre les deux couteaux, la différence tient au rôle de la main. Sur le Higonokami, rien ne bloque la lame : la friction de l'axe, ou le pouce posé sur le chikiri, la retient. Sur Le Shotokan, l'index ouvre la lame par l'anneau et le liner lock la bloque en position ouverte. Ce sont deux réponses différentes, décrites ici sans être classées.
Trois aciers pour une même silhouette
Le Shotokan est le plus polyvalent et le plus décliné des Résiliants. Sa lame se commande en 90MCV8, un acier carbone qui se patine, en Z160 semi-inoxydable, ou en damas carbone artisanal (Suminagashi), aux motifs révélés à l'acide. Le choix se fait au devis, selon l'usage.
La fiche du modèle répartit les trois lames par usage : le 90MCV8 carbone pour les puristes de la patine, le Z160 semi-inox pour la tranquillité au quotidien, le damas carbone artisanal pour les collectionneurs. Trois caractères pour une même silhouette : le gabarit ne change pas, la lame change de matière.
Le Z160 est le nom français du D2, un acier à outils riche en carbone et en chrome. Le 90MCV8, lui, se patine au fil des usages d'un voile gris-bleu, qui n'est pas de la rouille. Les différences entre ces familles d'aciers sont développées dans l'article acier carbone ou inox.
Rien n'est écrit ici sur l'acier des Higonokami : les informations qui circulent à ce sujet viennent de sites marchands, et non des sources citées. La comparaison s'arrête à la ligne et au mécanisme ; la matière de la lame du Shotokan, elle, se décide avec le coutelier.

Un hommage japonais monté à Thiers
Le Shotokan est trempé, poli, monté et réglé à l'atelier du Résiliant, à Thiers, qui ne forge pas ses lames. Avec Le Fhiers, dont le nom croise « fier » et « Thiers » en hommage aux couteliers de la ville, il forme les deux hommages de la collection : l'un japonais, l'autre thiernois.
Le damas est acheté en plaques et chaque lame y est taillée à la main ; les séries en Z160 sont découpées en usine. La trempe se fait ensuite à l'atelier, au four électrique, puis viennent le polissage, le montage et le réglage à l'étau, pièce par pièce.
Le Fhiers salue les générations de couteliers thiernois qui ont transmis leur savoir-faire ; Le Shotokan regarde vers le Japon. Les deux modèles partagent le même mécanisme et le même atelier, rue Alexandre Dumas, à Thiers.
Le Shotokan se commande sur devis, comme chaque Résiliant : le modèle étant fixé, on y choisit l'acier, la matière du manche et, en option, l'étui de cuir. Le délai et le prix sont annoncés au devis. La demande se fait depuis le formulaire de devis, avec Le Shotokan présélectionné.
- Comment la lame d'un Higonokami reste-t-elle ouverte ?
- Le Higonokami n'a aucun système de blocage. Sa lame reste ouverte grâce à la friction de l'axe, ou à la pression du pouce sur son levier, le chikiri, pendant l'usage. Il n'a ni ressort ni verrou : on parle de couteau à friction, ou friction folder en anglais.
- D'où vient le couteau Higonokami ?
- Le Higonokami est né à Miki, ville de la préfecture de Hyōgo, au Japon, en 1896. C'est un couteau pliant de poche dont le manche est fait d'une tôle de métal repliée. Le Shotokan, monté à Thiers, en revendique l'inspiration sans en reprendre la construction.
- Quelle différence entre un Higonokami et Le Shotokan ?
- Le Higonokami n'a aucun blocage : la friction de l'axe, ou la pression du pouce sur le chikiri, retient la lame. Le Shotokan, monté à Thiers, s'en inspire pour sa ligne, mais s'ouvre par un anneau où se glisse l'index, lame sortant par le haut du manche, et se verrouille par un liner lock retourné.
- Quel rapport entre Le Shotokan et le Douk-Douk ?
- Le gabarit du Shotokan a été découpé d'après les contours d'un Douk-Douk, que le coutelier a relevés. Le Douk-Douk est un couteau pliant de poche produit à Thiers par la coutellerie Cognet depuis 1929. Le Shotokan revendique par ailleurs l'inspiration du Higonokami japonais pour sa ligne.
- Le Shotokan se verrouille-t-il en position ouverte ?
- Oui. Comme chaque Résiliant, Le Shotokan se verrouille par un liner lock retourné : la platine travaille en haut du manche. L'ouverture reste entièrement manuelle, sans ressort, par l'anneau où se glisse l'index, et chaque mécanisme est réglé à l'étau, pièce par pièce, à l'atelier de Thiers.
- Peut-on commander Le Shotokan en damas ?
- Oui. Le Shotokan se commande en damas carbone artisanal (Suminagashi), aux motifs révélés à l'acide, ou en 90MCV8 carbone, ou en Z160 semi-inoxydable. Le damas est acheté en plaques et chaque lame y est taillée à la main à l'atelier. Le choix de l'acier et le prix se fixent au devis.
Sources
- Wikipédia EN « Higonokami » — Établit la naissance du Higonokami à Miki, préfecture de Hyōgo, en 1896, son absence de système de blocage (friction folder), le maintien de la lame par la friction de l'axe ou la pression du pouce sur le levier chikiri, et son manche en tôle de métal repliée.
- Wikipédia FR « Kiridashi » — Rapproche le kiridashi et le Higonokami, tous deux employés pour tailler les crayons avant la diffusion des taille-crayons.
- Wikipédia EN « Douk-Douk » — Établit la production du Douk-Douk à Thiers par la coutellerie Cognet depuis 1929.
- Wikipédia EN « Liner lock » — Établit le principe du liner lock et son passage à la forme moderne par l'Américain Michael Walker dans les années 1980.






